Le cirque de Salazie : le paradis des cascades

Il y a plus de trois mois (déjà) je suis rentrée de La Réunion. Je commence à digérer ces quelques mois de vie là-bas. Sa nature verdoyante, son relief atypique, ses paysages grandioses me manquent beaucoup. C’est pourquoi je vais vous partager les différents recoins de l’île, mes incontournables à travers une série d’articles.

Et on commence par le cirque de Salazie, le plus vert de l’île (merci la pluie). L’île de La Réunion compte trois cirques au total le cirque de Mafate le plus connu car accessible uniquement à pied par des sentiers de randonnée ou en hélicoptère pour les ravitaillements notamment et le cirque de Cilaos connu pour sa route des 400 virages pour y accéder.

Vue sur le cirque de Salazie depuis le sommet du piton d’Anchaing.

Pourquoi commencer par le cirque de Salazie ? C’est tout simplement le premier que j’ai pu découvrir de l’intérieur sur l’île et surtout le plus proche quand on habite sur Saint-Denis dans le nord de l’île. Il faut compter 1h de route pour aller jusqu’au village d’Hell-Bourg au fond du cirque. Et pour la petite histoire mon super coloc Wilson (quand je vivais sur Saint-Denis) a grandi dans le cirque de Salazie et juste pour ça c’est la classe.

Voici donc mes incontournables à découvrir dans le cirque de Salazie.

La cascade blanche

La première arrivée dans le cirque de Salazie est juste magique. Imaginez, une route qui serpente entre les montagnes et qui dévoile à chaque virage des cascades plus impressionnantes les unes que les autres. On ne sait plus où donner de la tête en pénétrant dans ce cirque.

Le pisse en l’air est l’une des attractions quand on rentre dans le cirque : il s’agit d’une chute d’eau qui se jette sur la route (essuie-glace obligatoire pour passer au travers). Puis en tournant la tête sur la gauche on observe la majestueuse cascade blanche. Une chute d’eau de 640 mètres de hauteur qui figure parmi les 50 plus hautes chutes d’eau de la planète et dans le top 3 des cascades les plus hautes de France.

La cascade blanche vue depuis le sentier de randonnée qui mène jusqu’au pied de la cascade.

Il est possible de l’observer de très près après une courte marche d’une quarantaine de minutes. Un bel écrin de verdure se dévoile et offre un spectacle grandiose.

Le voile de la mariée

En poursuivant la route on réalise qu’on entre vraiment dans un cirque, pas d’échappatoire possible pour en sortir il faudra reprendre la même route. Les cascades s’accumulent le long de la route puis nous arrivons dans un virage devant l’imposante succession de cascades du voile de la mariée. Imposante avec toutes ses chutes qui semblent sorties de nulle part, on peut l’admirer depuis plein d’endroits et de points de vue dans le cirque.

Mais pourquoi le cirque de Salazie compte autant de cascades ? Et bien c’est tout simplement du à sa situation géographique. L’est de l’île enregistre les plus forts niveau de pluviométrie par an. Cette abondance d’eau favorise cette végétation luxuriante et la culture de certaines espèces comme le chouchou.

Véritable emblème de Salazie, le chouchou (aussi connu sous le nom de christophine) est une plante grimpante à longues pousses et envahissante. Plus de 90% des chouchous de La Réunion sont cultivés dans le cirque de Salazie. On le consomme sous toutes ses formes : gratin chouchou, gâteau chouchou, soupe chouchou, beignet chouchou…etc

La mare à poule d’eau

Retour sur notre belle route pour poursuivre notre découverte du cirque. En prenant la direction d’Hell-Bourg je vous conseille un arrêt à la mare à poule d’eau. Petit havre de paix où se retrouve les familles pour le traditionnel pique-nique du dimanche mais aussi pour pécher dans la mare. Au premier abord, on se demande où elle se trouve car elle est complètement recouverte de plantes qui prennent racine dans l’eau. Une belle halte à faire en se rendant à Hell-Bourg. Attention aux moustiques très présents dans cette zone… vive l’humidité !

Hell-Bourg, plus beau village de France

Et on arrive à notre destination finale au fond du cirque dans le plus beau village de l’île, le plus authentique et le plus dépaysant : Hell-Bourg. Une rue principale où se trouvent une succession de cases typiques créoles colorées. En 1842, Hell-Bourg prend son nom actuel et devient une station thermale.

La maison Folio, bâtisse du XIXème siècle est nichée au cœur de l’ancienne station thermale d’Hell-Bourg. La villa et son jardin sont inscrits à l’Inventaire des Monuments Historiques du Département depuis le 6 avril 1989. Un magnifique jardin à découvrir et une belle alternative aux randonnées en cas de temps pluvieux.

Le piton d’Anchaing

Le village d’Hell-Bourg se trouve au pied du piton d’Anchaing. Cette montagne est liée à l’histoire de deux esclaves : Anchaing, esclave marron légendaire de La Réunion, et Héva sa femme. Anchaing était tombée amoureux d’une jeune esclave nommée Héva. Un jour, ils décident de fuir leurs maîtres et se réfugient au sommet de cette montagne réputée comme inaccessible : le Piton d’Anchaing. La randonnée pour atteindre le sommet offre une magnifique vue sur le cirque de Salazie. Une vue qui se mérite car la montée est assez raide et peut se révéler glissante en cas de pluie.

La forêt de Bélouve et le trou de fer

Le cirque abrite également une forêt primaire préservée. Un univers végétal surprenant très dense et où la nature occupe chaque recoin. C’est le paradis des fougères arborescentes, des tamarins et j’en passe. Une belle végétation à découvrir après l’ascension jusqu’au gite de Bélouve. Depuis le gîte, une belle vue se dévoile sur le cirque de Salazie (en cas de beau temps). Ensuite il faut prendre le sentier pour rejoindre la célèbre cascade du trou de fer (plus haute cascade de l’île). Le sentier emprunte des pontons en bois qui serpentent au milieu d’une végétation luxuriante. Nous avons fait demi-tour en cours de toute car le sentier pour accéder au trou de fer était fermé quand j’y étais suite à un éboulement sous la plateforme d’observation de la cascade. Je vous invite à consulter régulièrement le site de l’ONF pour connaitre les sentiers fermés avant de programmer une randonnée.

J’espère que cette découverte du cirque de Salazie vous aura donnée envie ou vous aura rappelée de beaux souvenirs. N’hésitez pas à partager vos impressions ou vos recommandations en commentaires. A bientôt pour d’autres articles sur l’île intense !

INFOS PRATIQUES

  • Se loger dans le cirque :

J’ai pu tester une seule chambre d’hôte lorsque mes parents m’ont rendu visite. Il s’agissait du gîte Le p’ti blanc des « o ». Très bien situé à une centaine de mètres au-dessus du village d’Hell-Bourg avec un accès (secret) direct sans passer par la route. En gros vous arrivez vous laissez votre voiture et vous pouvez tout faire à pied. (départ rando à 5min) Dîner fait maison très copieux : déclinaison de plats autour du chouchou : soupe de chouchou, beignet de chouchou, gâteau chouchou…etc Et petit déjeuner à base de produits locaux également confiture et jus de goyavier (pleine saison de ce fruit au mois de mai), pain, gâteau fait maison. Je recommande pour une étape à Hell-Bourg dans le cirque de Salazie.

  • Bonnes adresses pour manger :

Parlons sérieusement les restaurants à Hell-Bourg. J’ai une seule adresse à vous conseiller sur trois adresses que j’ai pu tester et c’est la Villa Marthe au bout de la rue en allant vers les anciennes thermes. Déjà pour le cadre mais aussi pour la variété des plats on retrouve la plupart des spécialités de l’île mais aussi des variantes. Mention spéciale pour le rougail saucisses, le porc massalé et le tartare de thon ananas. On s’est régalées !

Lever de soleil au sommet du piton des neiges

Il domine l’océan indien du haut de ses 3070m, le piton des neiges est le sommet emblématique de l’île de La Réunion. Retour sur une ascension mythique de nuit.

Pour atteindre le toit de l’océan indien et assister au plus beau des spectacles, il a fallu se lever tôt ou plutôt ne pas dormir. Nous sommes le lundi 9 juin. Direction le cirque de Cilaos. C’est depuis l’accès par le bloc que nous gravirons le sommet. (Ils existent plusieurs accès au piton des neiges, celui par le bloc est le plus court)

Les sommets sont couverts en cette fin d’après-midi, on croise les doigts pour que le ciel se dégage dans la nuit. 19h nous dinons dans un restaurant à Cilaos pour prendre des forces pour cette nuit. Au menu : côte de porc, riz et lentilles puis une mousse au chocolat en dessert. Il est 21h on monte rapidement les tentes pour se poser quelques heures avant d’entamer l’ascension.

Minuit. Nous sommes le mardi 10 juin. Il est temps de se lever, tout ranger, se préparer et direction le point de départ du bloc pour commencer la randonnée un peu avant 1h du matin. On progresse à la lumière de la frontale. C’est très déstabilisant de marcher de nuit car on ne se rend pas compte d’où on marche exactement. Le ciel est dégagé. On peut même contempler les étoiles et la voie lactée en relevant la tête, le temps de reprendre une gorgée d’eau. La mise en jambes a été un peu compliquée (on était en pleine digestion de notre dîner copieux aha) et la nuit n’aide pas. Puis les virages se sont enchainés, nous gardions un bon rythme et finalement la montée est passée plus vite qu’on l’imaginait.

Quelques heures plus tard (temps de montée annoncée 3h30), nous atteignons le gîte de la caverne Dufour. Les randonneurs qui choisissent de ne pas grimper le piton en une fois peuvent dormir ici avant d’entamer l’ascension finale. De notre côté vous l’aurez compris pas de nuit en dortoir pour nous. Juste le temps de se poser une quarantaine de minutes pour reprendre des forces, mais surtout pour se changer. Le refuge se trouve à 2400m d’altitude. Il reste 670m de dénivelés jusqu’au sommet. Il faut donc se couvrir davantage. Je remplace mon t-shirt par un haut à manche longue et une polaire. La température annoncée au sommet est comprise entre 2 et 7 degrés.

Il est 4h20. Nous reprenons le chemin pour l’ascension finale, plus sportive car dans la caillasse. (Temps annoncé 1h50 jusqu’au sommet)
Les premières lueurs du jour apparaissent vers 5h30. Le relief aux alentours se dessinent petit à petit. Nous ne sommes pas les seuls à gravir le piton des neiges ce jour là. On entend les bruits de bâtons qui nous rattrapent derrière nous. Puis dans la montée chacun prend son rythme. Rendez-vous au sommet. Dernière ligne droite… et nous arrivons à 3070m d’altitude au sommet du piton des neiges vers 6h15. Il fait un froid glacial. Pas une minute à perdre, j’enfile ma doudoune (oui oui vous avez bien lu une doudoune), des gants et un bonnet.

Nous sommes aux premières loges pour admirer le lever de soleil sur le toit de la Réunion. Que le spectacle commence… Le soleil pointe le bout de son nez au dessus des nuages sur l’océan, ses premiers rayons commencent à nous réchauffer. Puis les paysages aux alentours se sont illuminés. Nous admirons le Grand Bénare, le cirque de Cilaos, la plaine des cafres, le volcan, Takamaka, une partie de Salazie, Marla… C’était grandiose !

Pendant 1h30, nous profitons du sommet, du spectacle et des vues sur l’île. Un caillou au milieu de l’océan indien c’est comme cela que certains désignent l’île de La Réunion. Et bien il faut prendre de la hauteur pour s’en rendre compte. L’île intense est si petite mais grandiose à la fois !

Il est temps d’entamer la descente. Et croyez moi c’était tout de suite moins sympa. La deuxième partie après le gîte a été plus compliquée avec la fatigue et le manque de sommeil. Les jambes et les genoux étaient épuisés. C’est à ce moment là que j’ai regretté de ne pas avoir de bâtons de marche. (Leçon pour la prochaine fois marcher avec des bâtons pour ne pas subir les descentes). Mais on l’a fait ! Et à la fin, la satisfaction d’avoir réalisé ce beau défi.

Le refuge de la caverne Dufour. Photo : Lucie Martin

Mes conseils :

• Vérifier la météo : ne pas hésiter à reporter son ascension si la météo annoncée est instable et risque de pluie.

• Faire l’ascension sur deux jours. Partir dans l’après-midi pour dormir au gîte de la caverne Dufour. Puis terminer l’ascension le lendemain matin pour admirer le lever de soleil et redescendre.

• Investir dans des bâtons de marche : si vous avez tendance à avoir mal aux genoux, articulations je vous conseille de marcher avec des bâtons surtout pour la descente. (cela évite les chocs articulaires)

• Prévoir des encas pour la montée et beaucoup d’eau.