Les plus belles médinas du nord du Maroc : Fès

En juin dernier (2019), je me suis envolée au Maroc avec mon frère. Notre objectif ? Découvrir les plus belles médinas du nord du pays.

JOUR 1 : Embarquement immédiat pour Fès

Après 3h de vol depuis Paris, nous survolons les montagnes du Rif avant d’atterrir à Fès. A la sortie de l’aéroport notre « famille » marocaine (Naïma et Mohammed) nous attend. En fait il s’agit de la tante d’un copain de mon frère. Prévenus la veille, ils tenaient à nous accueillir en personne à l’aéroport.

Direction la médina de Fès pour poser nos bagages dans notre riad. Car oui là-bas derrière une porte banale en apparence on tombe sur les plus beaux riads de la ville avec leur patio intérieur qui protège de la chaleur et du bruit de la rue.  Il est midi, nous décidons de déjeuner sur place avant de nous lancer dans l’exploration de la médina de Fès. Au menu tajine de légumes.

Les remparts de la médina. Crédits : Lucie Martin

Fès se divise en trois cités : Fès el-Bali, la vieille ville arabo musulmane datant du VIIIe-XIIe siècle ; Fès el-jedid, la cité impériale XIIIe où se trouve l’ancien quartier juif et le palais royal et la ville nouvelle construite par les français début 20e. Toute la médina est entourée de remparts.

La médina de Fès est la plus grande médina du monde arabe. Elle est connu comme étant un vrai labyrinthe. Souks de partout, épices, habits traditionnels pour le mariage, fruits, légumes, pâtisseries orientales, tapis, babouches, djellaba : c’est un dédale de rue multicolores où toutes les odeurs s’entremêlent.

Ambiance dans l’un des souks ed la médina. Crédits : Lucie Martin

Pour notre premier jour, suite à différentes recommandations, on décide de ne pas s’aventurer seul mais avec un guide. C’est parti pour 3h de visite dans la vieille ville.

Plongée immédiate dans le dédale de souks que comprend la ville. La ville compte aussi beaucoup de fondouk (des entrepôts de marchands).

L’immanquable reste la mosquée Karaouiyine qui s’étend sur 16 000m² et qui dispose de 14 portes d’entrées. C’est la plus grande mosquée d’Afrique du nord. Elle est identifiable avec ses toits de tuiles vertes. Son université et sa bibliothèque sont réputés dans le monde entier.

L’accès à la mosquée est réservé aux musulmans mais en se promenant dans la médina on peut en faire le tour et apercevoir, quand les portes sont ouvertes, les fontaines où toutes les générations se croisent, mais aussi les salles de prière au loin.

Puis nous arrivons sur une place plus bruyante normalement car ici on tape le métal c’est la place Seffarine. Nous reprenons notre promenade…”balek balek” crient des hommes poussant des chariots débordant de marchandises…pour qu’on les laisse passer.
Visite de la Medersa el-Attarine, la plus ancienne de Fès. C’est une école coranique au plafond en bois de cèdre sculptés.

Tout en redescendant les rues à travers la médina, nous arrivons aux tanneries de Chouara, les fameuses. Elles se trouvent au bord de l’Oued, le cours d’eau qui traverse la ville. Ici, on observe le travail des tanneurs depuis les terrasses qui les entourent. L’odeur qui s’échappe des cuves nous plongent dans l’ambiance. Dès l’entrée, on nous tend des feuilles de menthe à mettre sous le nez pour supporter les odeurs. Ici les peaux de bêtes arrivent puis elles sont lavées et teintes dans les cuves. Ce jour-ci il n’y a pas grand monde car beaucoup prennent des congés après le ramadan nous explique notre guide. Nous y passerons une autre fois pendant notre séjour.

Bon, nous nous sommes fiés à notre guide qui courait dans tous les sens. Mais si on se retrouve perdus dans la médina, nos seuls points de repères restent les portes.

La plus belle d’entre elles c’est Bab boujloud. C’est ici que nous retrouvons Chaimae et son frère, les enfants de Naïma et Mohammed qui étaient venus nous chercher à l’aéroport. Direction un café dans la médina pour faire connaissance. Puis on se retrouve à 23h à manger chez eux avec toute la famille réunie pour partager le dîner.

Une première journée bien chargée en rencontres et découvertes.

JOUR 2 : Rendez-vous au palais royal puis couscous

On commence ce deuxième jour avec un petit déjeuner dans notre riad. Au menu crêpes marocaines et thé à la menthe bien sûr.

Aujourd’hui on décide de partir explorer Fès el jedid en commençant par le palais royal. Derrière ses immenses portes en cuivre, se trouvent 80 hectares de jardins, une mosquée, une medersa. Le souverain passe seulement quelques semaines par an ici. Le tout est fermé au public.

Le portail est paré de mosaïques, de stucs et ses portes sont en bronze doré. Crédits : Lucie Martin

Puis nous empruntons des petites rues dans le quartier au détour d’un souk ombragé. J’avais oublié de préciser plus haut mais ici l’appel à la prière rythme nos journées.

Exceptionnellement Naïma nous prépare son couscous du vendredi…pour ce midi. On se retrouve tous autour de la table basse du salon entouré de banquettes à la marocaine. Moment de convivialité et de partage. Ici on mange tous dans le même plat. Son couscous aux 7 légumes est pleins de saveurs. Chacun mange à sa manière à la cuillère ou directement avec les mains.

Le couscous de Naïma. Crédits : Lucie Martin

Puis pour terminer sur une note sucrée, on découvre le sellou fassi. Une gourmandise marocaine, sous forme de poudre compacte à base de farine – d’amandes – graines de sésames – beaucoup de sucre – du beurre – de l’anis –de la cannelle…etc

L’après-midi déjà bien entamé, nous prenons la route direction Sefrou. Nichée à 800m d’altitude elle est connue pour sa production d’olives et de cerises. Nous nous rendons aux cascades de l’Aggaï où les habitants des alentours se rendent pour se rafraîchir dans l’après midi.

Puis nous reprenons la route pour rentrer sur Fès. Objectif observer le coucher de soleil sur la vieille ville depuis les tombeaux des mérinides. Cette colline qui domine la médina offre une atmosphère reposante loin de l’effervescence de la médina. C’est ici qu’ont été enterrés les derniers sultans de la dynastie mérinides XIV XVe. La mosquée Karaouiyne se détache avec son toit aux tuiles vertes et son minaret qui domine la médina.

Avant de rentrer nous retournons aux tanneries pour une visite privilégiée avec Mohammed ancien tanneur. Il a commencé à travailler ici à l’âge de 13 ans. Ils alternaient alors les différents postes dans les cuves : lavage des peaux, teintures, séchages.

C’est fini pour ces deux premières journées intenses à Fès. Suivez la suite de notre aventure dans le nord du Maroc à Chefchaouen juste ici :

Découverte de Chefchaouen : Le Village Bleu du Maroc

Aujourd’hui on change de décor : direction le nord nord nord du Maroc et son village bleu de Chefchaouen. 4h de car depuis Fès à travers la campagne marocaine. Nous traversons des paysages très arides puis verdoyants et même un lac avant d’arriver dans cet écrin bleu entouré de montagne. Bleu nuit, bleu ciel, bleu…

Laissez vous charmer par la vieille médina de Fès à travers cette courte vidéo ! Crédits : Lucie Martin

Mes incontournables :

  • Se perdre dans la vieille Médina, et marchander dans les souks
  • Observer le travail des tanneurs aux tanneries de Chouara
  • Visiter une medersa : Bou Inania ou Attarine
  • Coucher de soleil depuis les tombeaux des Mérinides
  • Manger un couscous dans une famille marocaine
  • Apprécier l’heure du thé à la menthe
  • Visiter Fès el-jedid et admirer les portes du palais royal

Infos pratiques :

  • Vol aller retour depuis Orly avec Transavia : environ 120 euros ; depuis Beauvais environ 80/100 euros.
  • Logements : Riads sur Airbnb. Je vous conseille le Riad Jamai (petit déjeuner inclus). Superbe patio avec piscine super abordable. 45 euros la nuit pour deux personnes.
    Nous avons également fait le Riad Tahra & Spa 55 euros la nuit pour deux.

Cuba, un cœur authentique

Le 6 juin 2016, je me suis envolée à destination de Cuba pour deux semaines de voyage en itinérance afin de découvrir la plus grande île des Caraïbes. Cuba est baignée au nord par l’océan atlantique, au sud par la mer des Caraïbes et à l’ouest par le golfe du Mexique. Cette île est une ancienne colonie espagnole depuis sa découverte par Christophe Colomb en 1492 jusqu’en 1898. Depuis le réchauffement de ses relations avec les Etats-Unis en décembre 2014, les touristes affluent sur l’île pour la découvrir avant qu’elle ne change. En effet, Cuba est un peu coupée du monde et elle n’est pas victime de la mondialisation. Cela est dû à l’embargo des Etat-Unis à son égard depuis 1962.

Mon sac de routarde sur le dos, je m’attends à être dépaysée et à me couper du reste du monde pendant deux semaines car l’accès à internet reste coûteux, long et difficile sur l’île.

Lorsque l’on pense à Cuba, on imagine directement les belles plages, les rhums, la salsa ou encore les cigares. Mais l’île a davantage à offrir car elle bénéficie d’une faune et d’une flore d’une grande richesse.

Campagne et montagne dans la Sierra del Rosario
Image : Lucie Martin

Le début d’un voyage dépaysant

Mon voyage commence à l’ouest de l’île dans la vallée de Viñales. C’est la campagne profonde cubaine où l’on croise des paysans vivant au rythme des saisons et des récoltes entre champs de tabac et champs de maïs. Nous découvrons la région en randonnant entre les mogotes qui sont une spécificité géologique propre à Cuba et aux Caraïbes. Il s’agit de collines de calcaire caractérisées par leur forme arrondie. La végétation est luxuriante. Elle contraste avec la terre d’ocre rouge des chemins que nous empruntons. Autour de nous, les Casas del tabaco (maisons du tabac) se succèdent. C’est à l’intérieur de ces maisons que les feuilles de tabac sont suspendues pour sécher entre 45 à 60 jours afin de passer du vert clair au marron. Le tabac est un pilier économique et identitaire de l’île. La technique d’assemblage et de roulage des différentes feuilles de tabac par les torcedores (rouleurs) fait partie de la culture artisanale cubaine et est transmise de génération en génération.

Dans la vallée de Viñales, les cigares sont fabriqués de la même manière depuis plusieurs générations.
Image : Lucie Martin

Au cours des différentes randonnées, nous croisons des paysans machettes à la ceinture, chapeaux de cowboy vissés sur le crâne, assis sur un cheval ou encore conduisant une charrette avec des bœufs qui font partie de l’authenticité de la région. Le dépaysement est garanti.

Image : Lucie Martin

Nous prenons nos repas chez l’habitant. D’une incroyable générosité et qualité, les tables sont remplies de plats variés. Le repas traditionnel se compose de chicharritas (banane plantain grillée en fine rondelles comme des chips), de crudités et de différents légumes cuits à l’eau comme du yuca (manioc) ou encore du malanga (sorte de topinambour antillais) assaisonnés à l’huile et à l’ail. En viande, on retrouve le poulet (pollo) ou le porc (cerdo) grillé ou émietté accompagné d’un plat de riz blanc et de haricots noirs. Les desserts sont rares dans la gastronomie cubaine. Le plus connu est la fruta bomba con queso ; il s’agit de confiture de goyave ou de papaye accompagnée d’une tranche de fromage. Un dessert très spécial. Moins prise de risque, on retrouve différents fruits exotiques comme l’ananas, la mangue ou la papaye… Côté cocktails, nous avons le choix entre le mojito typique sur l’île ou le daïquiri, mais aussi la piña colada. Le tout à consommer avec modération !

Chez l’habitant, les tables sont remplies de différents plats. Crédits Photo: Lucie Martin

Nous alternons randonnées mais aussi baignades dans les Cayo Levisa, Cayo Las Bruyas qui sont des bancs de sable blanc. Ces îlots sont loin d’être représentatifs de Cuba car leur accès est réservé aux touristes étrangers et aux Cubains y travaillant. Pour prendre le bateau, il existe encore des autorisations, des permissions à obtenir. La fuite des Cubains par la mer pour rejoindre la Floride ou encore l’Amérique du sud est redoutée par le régime castriste. Même avec le plus beau diplôme en poche, ils gagnent seulement en moyenne l’équivalent de 19 dollars par mois. Beaucoup souhaitent rejoindre les États-Unis pour gagner davantage avec le même diplôme.

Cayo Levisa et ses eaux turquoises. Image : Lucie Martin

Trinidad, une ville hors du temps

Classée au patrimoine de l’UNESCO en 1988, Trinidad était la ville la plus attendue de tout le groupe. Elle a su garder son authenticité.

Des calèches circulent dans les rues pavées de la ville, bordées de maisons aux couleurs pastel et à l’architecture coloniale. Dans les rues et sur les places de la ville des musiciens jouent des sons ensoleillés cubains. Trinidad dégage une atmosphère particulière. Elle invite à prendre le temps de l’admirer, de la vivre en flânant dans ses ruelles. Le temps semble s’être arrêté ici à l’époque coloniale.

Le temps semble s’être arrêté à Trinidad. Image : Lucie Martin

Dans les rues pavées, nous croisons des quinceaneras, des jeunes filles vêtues de robes extravagantes et maquillées célèbrant leurs 15 ans. Il s’agit d’un âge symbolique en Amérique latine car il représente le passage à l’âge adulte.

Au détour d’une rue, nous nous faufilons dans une école où tous les écoliers sont en uniformes. Pendant leur temps de récréation, ils se déhanchent sur des sons cubains ou regardent un dessin animé. Cuba a un taux d’alphabétisation de 99.91% en 2011 selon le rapport PNUD. C’est le pays qui investit le plus dans l’éducation.

Le jeu qui identifie le mieux les Cubains est le domino auquel ils jouent avec passion. Lorsque l’on joue aux dominos avec eux c’est très sérieux. Entre équipe et stratégie, le domino cubain est un véritable challenge.

Façades et rues pavées de Trinidad. Image : Lucie Martin

La musique et la danse omniprésentes

Elle rythme nos déplacements. Ceci n’est pas une légende, la grande majorité des Cubains ont la musique dans la peau. A chaque coin de rue de La Havane ou de Trinidad, on rencontre des musiciens qui se produisent sur une place ou dans les restaurants. Lorsque la musique commence, il est difficile pour les Cubains de rester assis. Ils sont habités par la musique et la vivent sur des pas de danses pour le moins lascive comme la salsa ou le reggaeton. C’est l’essence même de Cuba. Dans les taxis, les mêmes sons latinos défilent en boucle.

Image : Lucie Martin

Nous finissons notre séjour en passant les derniers jours dans la capitale cubaine, La Habana. Dans toutes les rues défilent des vieilles voitures américaines toutes plus belles les unes que les autres. Elles y sont omniprésentes et sont le reflet d’une époque. Ici, les quartiers aux façades délabrées et presque en ruine côtoient les hôtels et les façades coloniales de toutes les couleurs. La pauvreté se fait ressentir.

Vieilles voitures américaines devant le Capitolio à La Havane. Crédits photo: Lucie martin

Dans les rues des villes, on retrouve des affiches, peintures, fresques à la gloire de la révolution cubaine notamment à travers la figure du Che omniprésente. « Hasta la victoria sempre » se lit sur les murs de toutes les villes.

Deux monnaies circulent à Cuba : le pesos cubain est la monnaie nationale réservé aux Cubains tandis que le peso cubano convertible est destiné aux touristes pour payer restaurants, hôtels, souvenirs…

Figure du Che Guevara dans la ville de Cienfuegos. Image : Lucie Martin

En tant que touriste, Cuba a de quoi faire rêver avec la variété de ses paysages entre mer turquoise, montagnes et forêts à la végétation luxuriante, mais aussi avec l’ambiance si particulière de ses villes, la gentillesse et la générosité des Cubains. Il ne faut pas oublier que pour les Cubains rien n’a changé ici. L’état contrôle tout. Ils sont toujours soumis au rationnement pour se procurer les biens de première nécessité. L’île reste l’une des dernières dictatures communistes de la planète. Je suis tombée sous le charme de l’île mais plusieurs questions me préoccupent après mon voyage : à quoi ressemblera Cuba d’ici 5 ans suite à son rapprochement avec les Etats-Unis ? La dictature communiste en vigueur sur l’île prendra-t-elle fin ? Est-ce que Cuba parviendra à garder son authenticité ?

Cuba, itinéraire en deux semaines :

Jour 1 : arrivée à La Havane
Jour 2 et 3 : Partie ouest de l’île : Massif de Viñales (Pinar del Rio) : culture du tabac et randonnée dans le massif des Mogotes.
Jour 4 : Mil Cumbres
Jour 5 : Cayo Levisa, îlot au nord de Pinar del Rio
Jour 6 : Sierra del Rosario, randonnées…etc
Jour 7 : randonnée dans la Sierra del Rosario (suite) puis baie des cochons (Playa Larga, mer des Caraïbes)
Jour 8 : Cienfuegos puis transfert le soir à Trinidad
Jour 9 : Trinidad découverte de la ville + plage
Jour 10 : Sierra de Banao randonnée et nuit au refuge La Sabina
Jour 11 : Sancti Spiritus et Remedios
Jour 12 : Cayo Las Brujas, océan atlantique
Jour 13 : Santa Clara, visite des monuments en hommage au Che
Jour 14 : Visite de La Havane, promenade le long du malecón…etc Retour…

Écosse : l’île de Skye en photos

En avril 2018, je suis allée passer une semaine en Ecosse à Edimbourg. J’en ai profité pour aller découvrir quelques jours l’île de Skye en passant par Glencoe. J’en ai pris pleins les yeux. Une île aux paysages magiques. Les contrastes sont impressionnants, le temps change à une vitesse ! En plus en avril il y avait peu de touristes. Skye est reliée au continent par un pont. J’ai eu un véritable coup de cœur pour cette île pleine de surprises.

Images : Lucie Martin

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